Accueil > Programme > Kami Hitoé




(c)ADAGP



(c) ADAGP


Kami Hitoé
Performance multimédia

Une rencontre innovante entre arts plastiques,
nouvelles technologies et spectacle vivant.


le mercredi 15 et le jeudi 16 octobre 2008, à 20h00
Plein tarif : 12 euros
Tarif réduit : 10 euros


Côte à côte sur un fil
entre les deux
une feuille de papier
très fine




> Kami Hitoé
Une performance en trois chapitres
- naissance, vie, mort -
orchestrée par quatre artistes aux parcours atypiques,
tous impliqués dans une recherche singulière et curieux d'expérimentations
(cinéma, théâtre, musique, danse, installations...).
Une rencontre innovante entre arts plastiques, nouvelles technologies et spectacle vivant.


> Synopsis
Ce spectacle nous plonge dans l'univers d'une poésie étrange, hanté d’ombres, dont les mouvements viennent jouer avec la silhouette d'une danseuse en transe. L'esthétique en noir et
blanc des jeux d'ombres et de lumières nous renvoie aux origines du cinéma, à la magie de ses lanternes. Le film est en train de se faire sous les yeux du spectateur. La musique, obsédante,
suspend le temps. Une mise en tension du corps et de l'imaginaire raconte une histoire à chacun.


Danse & chorégraphie : Yumi Fujitani
Manipulation d'ombres & d'images : Sabrina Montiel-Soto & Fabrice Croizé
Musique & composition : Anthony Carcone

Une coproduction Label Ombres & Calvacréation 2007.



Dans le cadre du 150ème anniversaire des relations franco-japonaises







(c)ADAGP


I / La naissance / Ombres projetées
« Au fur et à mesure que la perception se crée, son souvenir se profile à ses côtés, comme l'ombre à côté du corps »
Bergson, L'énergie spirituelle.

Parmi les spectateurs, deux manipulateurs d'images oeuvrent dans l'ombre, la découpe, la dissèque, la projette, tire des ficelles.
Un autre, musicien, tire sur sa corde avec du fil de laine.
Entre ces lignes, sur scène, un corps s'étire et danse au fil du temps.

II / La vie / Ethno Vidéo
« La ville est une écriture, celui qui se déplace dans la ville, c'est-à-dire l'usager de la ville (ce que nous sommes tous), est une sorte de lecteur qui, selon ses obligations et ses déplacements, prélève des fragments de l'énoncé pour les actualiser en secret. »
Roland Barthes, Sémiologie et Urbanisme.

Au centre, des images de la réalité construite, architectures et lignes de perspectives, dessinent un décor au corps qui danse, un univers atemporel où la ville rattrape les ombres.
À droite, une dentellière d'un autre temps tisse inlassablement.
À gauche une vielle femme tricote et détricote un fil de laine à l'infini.
Mouvements cycliques, ritournelle, réminiscence d'une chorégraphie intime, le geste est habité de mémoires.

III/ La mort / Énergie spirituelle
« Les choses sont le prolongement de mon corps et mon corps est le prolongement du monde »
Merleau Ponty, Le Visible et l'invisible.

Kami Hitoé c'est la fine feuille de papier qui sépare la vie de la mort, la folie du génie, l'endroit où tout peut basculer, le lieu du vacillement.
C'est la faille, la rupture jusqu'à la crise paroxystique, la dynamique jusqu'à la folie.
Le temps féroce fissure les êtres, brise les rêves et laisse une réalité rugueuse, extrême, cassée.
On est ailleurs et tout recommence en spirale.
La mort comme une ombre portée vers l'infini, où le silence s’intensifie, la respiration de l'homme s'ouvre au cosmos.


> Les Artistes

Yumi Fujitani
Chorégraphe et danseuse.
Japon 1962. Yumi Fujitani vit à Paris depuis 1996. Elle suit d'abord une formation de danse classique et de théâtre à Kobe. Puis elle se forme à la danse jazz, à la danse contemporaine et au butô. A Tokyo, elle fait une rencontre
déterminante avec Kô Murobushi et Carlotta Ikeda, co-fondatrices de la Compagnie ARIADONE.
Première danseuse de la compagnie de 1985 à 1995, elle s'y produit dans des créations telles que « Himé », « Black Gray White », « Le Langage du Sphinx », « En chasse »...
En dehors des tournées internationales, elle enseigne le butô à Tokyo, puis poursuit sa formation à New-York et à Paris où elle expérimente de nouvelles formes d'expressions corporelles à travers le masque et l'art du clown.
Danseuse de la troisième génération du butô, elle développe sur cet art une réflexion et une approche personnelles.
Elle crée de nombreuses chorégraphies solos, à travers lesquelles elle explore son corps et ses limites en travaillant des thématiques universelles : « Frontières », dans laquelle elle s'aventure vers les limites et les chemins de la mort, « Vertige de mémoire », où elle explore les tréfonds de la mémoire et de l'inconscient (2001-2002, Le Samovar).
En 2003, Yumi Fujitani crée la Compagnie Trois Garances. Elle y travaille régulièrement avec des comédiens, cinéastes et musiciens, en tant que metteur en scène, chorégraphe ou danseuse.


Sabrina Montiel-Soto
Cinéaste plasticienne.
Vénézuela 1969. Graphiste et journaliste artistique pour le Centre d'art Lia Bermudez de Maracaibo, programmatrice à la cinémathèque de Ciudad Bolivar puis assistante de réalisation, Sabrina Montiel-Soto est déjà une professionnelle reconnue du monde de l'art au Vénézuela quand elle vient s'installer à Paris en 1998. Elle y complète sa formation (Université Paris 8, La FEMIS, Le Musée du Louvre, La Fondation Cartier, Le Fresnoy Studio national des arts contemporains…) à travers un parcours riche dans différents domaines artistiques : écriture cinématographique, scénographie, installations, sculptures.
Ses installations « immersives » confrontent nouvelles technologies (étude sur la stéréoscopie) et matériaux bruts, questionnant les rapports entre réel et imaginaire, sensation et réflexion, thématiques que l'on retrouve aussi dans ses films et sculptures.
Sabrina Montiel-Soto travaille ces différents médiums en les choisissant selon une grande cohérence. Chaque projet
trouve son dispositif en fonction des lieux de réalisation et de rencontre. En 2006, à l'occasion d'une résidence à ARTos Foundation à Chypre (Pépinières européennes), elle propose une création in situ avec des aveugles. En 2007, en partenariat avec le Festival International du Film de La Rochelle, elle co-réalise un projet en milieu carcéral avec Carole Arcega.
Artiste multimédia internationale, son oeuvre s'expose en galeries, centres d'art ou festivals, en France comme à l'étranger : galeries 13 Sévigné, festival Émergences, festival Némo, Paris; festival Art Rock, Saint-Brieuc; festival international de courts-métrages, Clermont-Ferrand; festival Loop, Barcelone; festival de cortos, Sao-Paolo; short films festival, New-York; Madcat films festival, San-Francisco...


Fabrice Croizé
Photographe plasticien.
France 1974. Fabrice Croizé a été formé aux arts de la scène à L'École internationale de théâtre Jacques Lecoq, dont la pédagogie est connue pour reposer essentiellement sur la dynamique du mouvement, du corps engagé. Il est d'abord comédien, s'essaie à la mise en scène, puis s'investie du côté de la production (Festival Tous en Scène - Scène Nationale de la Passerelle, Saint Brieuc...).
En 2001, il fonde Calvacréation, association qui produit des créations numériques et avec laquelle il organise des événements culturels pluridisciplinaires, notamment à Bruxelles (Festival Plein Open Air, Théâtre Mercelis...) où il a vécu quelques années.
Parallèlement à ses activités de médiation culturelle, Fabrice Croizé pratique la photographie. Il travaille sur les notions d'espace et de vertige, à travers des séries de paysages architecturaux, dont la réalité bascule sur des perspectives imaginaires. On retrouve cette thématique dans les installations numériques qu'il co-réalise avec Sabrina Montiel-Soto.
Pour Fabrice Croizé, Kami Hitoé a été l'occasion de faire le lien entre sa formation théâtrale spécifique et son travail de photographe plasticien : d'une part, l'implication du corps innérante à la performance, et d'autre part la mise en scène de ses images sous forme d'une chorégraphie avec la danseuse.


Anthony Carcone
Artiste sonore.
Anthony Carcone est né en 1970 à São Paulo. Il y étudie la guitare classique et les disciplines théoriques musicales.
Sa démarche investie les technologies du son, dans un rapport qui relève bien plus que du simple emprunt au détour d'un outil. Il utilise des micros, en « plan rapproché ou éloigné», comme on dirait d'un cadrage cinématographique, pour attraper la vie, des sons du réel qu'il recompose en direct.




© Centre Culturel Franco-Japonais - 2008